Les Pensées – Les Pensées de Blaise Pascal – Résumé de Les Pensées – Fiche de lecture de Les Pensées de Blaise Pascal – Etude de Les Pensées de Blaise Pascal

Les Pensées

Les Pensées de Blaise Pascal - résumé

Les Pensées, oeuvre posthume
Résumé - pensées

Introduction

Dans les Pensées, œuvre posthume publiée en 1670, Pascal réunit les notes qu’il destinait à l’élaboration d’une apologie (= justification, défense d’une chose, d’une institution d’une personne) de la religion chrétienne. Exercé en tant que scientifique au maniement de la logique, Pascal a pris conscience lors de sa période mondaine (1651-1654) de l’intérêt de la rhétorique, pour persuader un interlocuteur libertin qu’il voudrait tourner vers Dieu. L’évocation des deux infinis est une illustration célèbre de cette alliance de la rigueur logique et du recours aux procédés de style. C’est pourquoi après avoir mis en évidence le schéma argumentatif du passage, nous étudierons l’utilisation que fait Pascal de la rhétorique pour emporter l’adhésion du lecteur.

I) Étude du schéma argumentatif

Pascal qui s’est assigné comme objectif de montrer à l’homme les limites de sa raison, construit son explication en trois points :

* 1. En bon pédagogue il s’appuie tout d'abord sur ce que l’homme peut observer par lui-même de plus impressionnant : le spectacle de la voûte céleste dont il est obligé de convenir qu’il le dépasse.
* 2. Puis il envisage les données que pouvait fournir l’imagination au sens scientifique, quand elle dépasse les apparences sensibles pour montrer au libertin confiant dans sa raison, les limites de la pensée conceptuelle. Notre imagination se perd dans cette pensée, c'est-à-dire la pensée de Dieu, auteur de la nature.
* 3. Il conclut avec logique et ironie que l’homme n’est rien ni dans l’espace ni par la pensée.

II) Le recours à la rhétorique

Chacune de ces étapes est rendue frappante donc plus convaincante par le recours à la rhétorique.

* a) Etude des données observables

Après avoir mis l’homme en situation en l’invitant à se tourner vers le haut et à se détacher des objets bas, Pascal se livre à la description grandiose de la voûte céleste à l’occasion de laquelle il multiplie les procédés stylistiques. C’est d’abord une double évocation du thème de la lumière à l’aide d’une périphrase, où le soleil est désigné par l’expression 'cette éclatante lumière', puis une comparaison impressionnante : 'une lampe éternelle'. Puis une gradation qui dépeint l’enchaînement sans fin des orbites décrites par les différents astres (trois niveaux de cercles :la Terre et le Soleil sont le premier tour par exemple) associé à la métaphore scientifique du point de la pointe très délicate qui constitue ce vaste ensemble aux regards de l’immensité de l’Univers. Le jeu de sonorités ('que les astres qui roulent dans le firmament embrassent' : assonance en « r ») évoquent ce développement infini des cercles dont l’homme ne voit pas la fin. L’évidence de cette constatation est soulignée par la présence des phrases injonctives (Que…que…que) prouvant que l’homme peut aisément s’en convaincre par lui-même. La majesté du spectacle est mise en évidence par un rythme ternaire (qu’il regarde…) qui donne une impression de vertige dans la mesure où il épouse les étapes de la gradation qui amène l’homme aux confins de l’inconcevable.

* b) l’étude de l’imagination

Mais Pascal poursuivant sa démonstration nous invite à dépasser cette première étape pour explorer les ressources de l’imagination, de la pensée spéculative pour dépasser les limites de l’observation pure (que l’imagination passe outre). Pascal alors s’appuie essentiellement sur des antithèses qui en démontrent la faiblesse. Alors ce que nous observons n’est qu’un trait imperceptible dans l’ample sein de la nature (l’imagination se lassera de concevoir mais pas la nature de fournir...l’Homme enfle ses conceptions mais n’enfante que des atomes). L’analyse s’achève par l’énoncé d’un paradoxe déroutant pour un esprit scientifique (sphère infinie dont le centre est partout et le circonférence nulle part) Comment l’argument des merveilles de la création comme preuve de l’existence de Dieu serait-il réfutable pour un homme incapable de comprendre par la pensée l’organisation de l’Univers (puisqu’il s’y perd...).

* c)Le retour à l’homme et les conclusions de la démonstration

Après cette évocation brillante de la toute puissance divine, Pascal revient à l’Homme pour lui faire ressentir sa vanité et son néant. Il commence par une antithèse associée à un jeu de mots que l’homme considère ce qu’il est au prix de ce qui est c’est-à-dire qu’il prenne conscience de son néant où peu s’en faut par rapport à l’étendu et à la puissance de la nature crée par Dieu. Il poursuit en commentant cette constatation par des métaphores ironiques (égaré dans un canton...logé dans un petit cachot), expressions qui insistent sur les limites de l’homme dans l’espace et dans les capacités de raisonner : activité humaine égarée dans l’espace, raison qui ne va pas très loin. Il a sorti les deux images d’une remarque piquante et paradoxale (j’entends l’Univers :l’homme se croit au centre de l’Univers) propre à désespérer un libertin, persuadé de pouvoir dominer la nature par la raison.

Conclusion

Ce texte célèbre le plus caractéristique de la stratégie pascalienne qui allie le brio de l’homme de lettres à la rigueur de l’homme de sciences et de sa pensée toujours en mouvement qui n’hésite pas devant le paradoxe pour atteindre un plus haut degré de vérité. Conscient des limites de la pensée humaine il la juge incapable de rendre compte de la complexité du monde et il considère le recours à Dieu dans l’ordre de la charité comme le seul moyen d’échapper à l’illusion et au désespoir.


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